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Affichage des articles du juillet, 2024

Lettre à mon premier amour

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  Bonne lecture ! La première fois que je t'ai vu, Mélèje, je sortais de mon interrogation, et je m'apprêtais à rentrer chez moi pour la pause du midi. Je farfouillais mon sac quand tu m'as interpellée, pas pour me dire que j'étais belle, mais pour une chose qui n'était pas d'une grande importance puisque je ne m'en souviens pas. Plus tard, j'ai su que tu étais dans ma classe. Tu étais surtout le voisin d'une amie que je côtoyais beaucoup et, de ce fait, j'avais bien sûr des affinités avec toi puisqu'à chaque fois que je la rejoignais, tu étais assis là, à lire tes cours ou à écouter de la musique en cachette. Sans crier gare, vois-tu, j'ai commencé à ressentir une attraction, puis un béguin sans importance et paf, l'amour. Au début, je ne savais pas ce que j'avais et je ne comprenais pas. C'était bien plus que l'emballement, bien plus que le regard en coin pour t'admirer secrètement, bien plus que tous ces signes d...

Être qui nous sommes et qui nous voulons être

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   Bonne lecture ! Le monde nous dicte notre façon de nous comporter et ce, par tous les moyens. La société vise surtout notre apparence et ce que nous sommes censés refléter. Ce serait une grosse erreur que de laisser les autres nous persuader que nous n’avons pas l’attitude ou le physique qu’il faut, ni le mental parfait, ou que nous sommes des personnes « bizarres ». Ce que nous sommes fait de nous des personnes uniques. Il serait injuste de chercher à changer pour quelqu’un qui veut nous modéliser selon sa façon de voir le monde, injuste de se ruer à une tâche aussi fastidieuse – celle de chasser le naturel – juste pour pouvoir plaire à une personne. Plus jeune, je me souviens que je ne m’appréciais pas suffisamment pour ce que j’étais. Pourquoi ? Tout simplement parce que je me basais sur les critiques, parce que j’essayais sans cesse de bannir l’élément que quelqu’un aurait pointé du doigt. A force, c’était si épuisant que j’ai décidé de vivre de mon seul amour personn...

Ce n'est qu'un animal, après tout

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 Bonne lecture ! La chienne s’était couchée à quelques mètres de ma chaise, alors que nous mangions des brochettes de viande sous un arbre. Il faisait bon et frais, et elle, le regard suppliant, nous observait. Je surpris le regard du pauvre animal affamé et je convenus, avec ma sœur, de lui garder des morceaux ainsi que quelques os. Lorsque nous eûmes fini, nous allâmes déposer les restes sur une brique un peu éloignée de nous. Je précise que nous étions dans un petit village, plus précisément un restaurant à ciel ouvert, et des chiens se baladaient là, avec des poulets, des oiseaux ou des chats. La terre s’étendait sous nos pieds et des fourmis noires faisaient leur chemin. Pour en revenir à la chienne, elle chercha la source de nourriture pendant quelques secondes et avala gloutonnement toute cette viande. Je fus surprise de sa rapidité. Elle ne lésinait pas sur cela, et pour une raison claire et précise ; la faim. Ses côtes visibles pouvaient être comptées, tant elles étaient s...

Les Fleurs du Mal

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Bonne lecture ! J'ai rencontré Amah dans une boîte de nuit de la capitale abidjanaise la nuit de l'anniversaire d'un ami. À cette époque, j'étais encore un jeune étudiant paumé, reclus dans sa chambre estudiantine à la faculté, qui ne pouvait prétendre avoir une quelconque vie sociale et qui se laissait assez facilement mener par ses copains lorsqu'il s'aventurait sur des sentiers inconnus. Fébrile, je me cantonnais aux bras de Bohousso, mon voisin de chambre. Il a toujours été un fêtard, un garçon extravagant et un homme à femmes, soit le parfait stéréotype de l’étudiant génial et beau gosse courtisé par les filles. Le jeune homme se mit à s'agiter sur la piste de danse en m'oubliant. Moi, intimidé par tout ce raffut, je m'assis sur un siège à l'écart, et c'est à cet instant que mon regard se posa sur elle. Tout comme moi, elle semblait perdue, entraînée par ses amies contre, selon toute vraisemblance, sa volonté. L'on aurait dit qu'...

La guerre

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  Bonne lecture ! J’ai peur et je prie. Oui, je prie le Tout-Puissant afin qu’Il nous évite ce qui semble sur le point de démarrer.   Cependant, s’il se trouve que doit survenir une ultime apocalypse afin que notre pays se régénère entièrement, je n’aurai que la tristesse et la crainte d’une énième destruction, d’une multitude d’âmes qui hurlent depuis leur sang chaud sur le sol des ancêtres, de la vision de monticules de corps amassés qui ne cherchaient qu’à fuir ou se battre pour leur patrie.   Ce mot est actuellement sur toutes les lèvres. Un mot que nous utilisons, mais qui nous empêche de fermer l’œil la nuit, la tête sur l’oreiller, ou encore d’éviter un frémissement.   La menace de ce mot est grande et pourrait nous détruire entièrement, psychologiquement ou physiquement. La menace de ce mot est telle que nous pourrions tout perdre du jour au lendemain.   Après avoir traversé des années certes difficiles, mais stables, voici que l’ombre de...