La guerre
Bonne lecture !
J’ai peur et je prie.
Oui, je prie le Tout-Puissant afin qu’Il nous évite ce qui semble sur le point
de démarrer.
Cependant, s’il se trouve
que doit survenir une ultime apocalypse afin que notre pays se régénère
entièrement, je n’aurai que la tristesse et la crainte d’une énième
destruction, d’une multitude d’âmes qui hurlent depuis leur sang chaud sur le
sol des ancêtres, de la vision de monticules de corps amassés qui ne
cherchaient qu’à fuir ou se battre pour leur patrie.
Ce mot est actuellement
sur toutes les lèvres. Un mot que nous utilisons, mais qui nous empêche de
fermer l’œil la nuit, la tête sur l’oreiller, ou encore d’éviter un
frémissement.
La menace de ce mot est
grande et pourrait nous détruire entièrement, psychologiquement ou
physiquement. La menace de ce mot est telle que nous pourrions tout perdre du
jour au lendemain.
Après avoir traversé des
années certes difficiles, mais stables, voici que l’ombre des élections
approche. Notre politique ressemble à un film dramatique dans lequel les
péripéties lourdes de conséquences se multiplient. Nos cœurs craignent le pire.
Je ne veux pas revivre les évènements qui caractérisent ce mot puissant.
Je ne veux plus entendre
les hélicoptères tournoyer au-dessus de ma tête, les explosions, les tirs de
ces hommes aux cœurs gelés.
Je ne veux plus entendre
la voix de ces journalistes qui comptent le nombre de morts croissant comme
celui de simples objets inanimés.
Je ne veux plus entendre
les chants de crises que la télévision du pays diffuse pour dire que la patrie
est à ses heures sordides et tragiques.
Je ne veux plus entendre
des personnes hurler depuis leur foyer parce qu’un proche a rendu l’âme, parce
qu’un proche a été maltraité, torturé, violé.
Je ne veux plus avoir à
me cacher sous la table avec ma famille, lumières éteintes, portes fermées,
parce que des rebelles patrouillent dans la zone.
Je ne veux plus voir des
familles quitter leurs maisons, leurs commerces, leur vie, pour migrer
difficilement vers un pays plus sûr.
Je ne veux plus avoir à
manger les mêmes choses sans saveur parce qu’il n’y a plus de denrées
alimentaires.
Non, je ne veux plus
qu’il y ait de guerre. Je veux que ce mois redouté passe sans qu’il n’y ait
quoi que ce soit, je veux que la paix règne, je veux continuer à vivre cette
vie de liberté. Car lorsque plane l’ombre de la guerre, je ne sors plus, de
peur qu’il y ait une manifestation violente ou une attaque surprenante, j'y
pense, je crains le pire. Contrairement aux politiciens, j’aime ma vie de
simple citoyenne.

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