Lettre à mon premier amour


 Bonne lecture !


La première fois que je t'ai vu, Mélèje, je sortais de mon interrogation, et je m'apprêtais à rentrer chez moi pour la pause du midi. Je farfouillais mon sac quand tu m'as interpellée, pas pour me dire que j'étais belle, mais pour une chose qui n'était pas d'une grande importance puisque je ne m'en souviens pas. Plus tard, j'ai su que tu étais dans ma classe. Tu étais surtout le voisin d'une amie que je côtoyais beaucoup et, de ce fait, j'avais bien sûr des affinités avec toi puisqu'à chaque fois que je la rejoignais, tu étais assis là, à lire tes cours ou à écouter de la musique en cachette. Sans crier gare, vois-tu, j'ai commencé à ressentir une attraction, puis un béguin sans importance et paf, l'amour. Au début, je ne savais pas ce que j'avais et je ne comprenais pas. C'était bien plus que l'emballement, bien plus que le regard en coin pour t'admirer secrètement, bien plus que tous ces signes d'affection tels qu'on les montrait au cinéma. Tu me plaisais parce que tu me montrais le meilleur de toi, ou ce que j'attends d'un homme que j'aimerais bien. Nous étions d'abord de bons amis, mais la situation a viré à l'ouest quand nous sommes passés en classe supérieure. Je ne sais pas si tu voyais ce que je ressentais et si cela te mettait mal à l'aise, bon, c'est l'explication que je me suis faite. Je voulais tout te dire. Je l'avais même avoué à une amie qui nous était commune, elle était exaspérée de me voir faire demi-tour à chaque occasion, de me voir faire semblant d'étudier en groupe pour de petites révisions, juste pour te voir rentrer chez toi. Si elle pouvait me mettre une baffe, elle l'aurait fait. Mademoiselle m'avait même proposé de te l'avouer en mon absence, mais j'avais refusé, je ne voulais pas ressentir cette gêne incroyable du lendemain incertain. Je ne voulais pas forcément être avec toi. Je voulais juste que tu saches que tu faisais battre mon cœur comme personne ne l'avait jamais fait. Juste te le dire pour ressentir une libération. J'ai alors tourné comme un lion en cage sans te l'avouer, souffrant parce que mon cœur était vraiment en peine, surtout lorsque tu semblais m'éviter ou ne rien avoir à faire avec moi, et j'ai décidé de te le dire peu avant les examens. À force d'avoir mal, je commençais à te détester en t'aimant toujours. Nos chemins se sont séparés car tu es parti. Au final, je n'ai pu te le dire, et je l'ai regretté si bien que mes sentiments se sont "volatilisés", et j'ai commencé à te détester, en me disant aussi que j'aimerais que tu prennes un coup en me voyant dans le futur, en me voyant belle et désirable, bref, je te détestais.

 

Je ne "ressentais" plus rien pour toi. C'est là qu'est venu Yedo. On a été amis, je l'ai senti se rapprocher de moi alors que je ne le trouvais que charmant. Tout est ensuite allé de manière doucereuse. Je suis tombée amoureuse à nouveau, alors que je m'étais promis que cela n'arriverait plus à cause de cette grosse déception avec toi. J'étais sûre et certaine que j'allais souffrir à nouveau, me causer du tort, alors j'ai essayé d'oublier Yedo. Mes tentatives ont été infructueuses, et un jour, lui a fait le premier pas, j'ai accepté, et j'ai vécu une belle histoire. Je me suis demandée si je l'avais accepté parce que je l'aimais vraiment, si j'avais dit oui à ses qualités et ses défauts, car je savais que passée la période pendant laquelle l'amour est à ses premières heures, il y aurait diverses disputes et choses insupportables, mais j'ai décidé, parce que je savais ce que je faisais, et ma définition de l'amour n'était pas celle du volage et du "voyons, je dois m'amuser, et si je sens que l'amour n'est plus pareil, on rompt" mais celle de la stabilité, du "on est certes jeunes, mais on aura au moins essayé de construire une vraie relation sérieuse". Il m'a souvent déçue pour des choses importantes pour moi et loin des trucs comme l'infidélité ou la jalousie, mais malgré tout, nous sommes restés longtemps ensemble.

Tout allait bien. Je me sentais heureuse avec lui. Enfin, je pense, à certains moments. Le problème, c'est que je me demandais un peu trop qu'est-ce que tu étais devenu, si tu avais changé. Dans le même temps, j'ai commencé à avoir l'impression que Yedo n'avait pas la même moralité que moi sur certaines choses, ni le même avis, ni les mêmes façons de voir, et certaines choses qu'ils trouvaient naturelles ne me plaisaient pas, semblaient un peu immature, bref, je ne comprenais pas. Je me disais que l'amour était l'acceptation, tout en me demandant où cette acceptation pouvait aller sans tomber dans un piège à souris, comment est-ce qu'on savait si quelqu'un avait de bonnes chances de nous aller pour très longtemps. Mais je l'aimais. Pourtant, parfois, je me demandais si c'était lui qu'il me fallait réellement. Mes idées basculaient alors vers toi. Rien que pour cela, je m'insultais, mais je me sentais encore un peu proche de toi. Je voulais juste savoir ce que tu devenais pour t'oublier totalement. Mais tu étais encore là dans mes pensées. Et j'espérais, oh oui j'espérais, que je ne t'aime plus et que mon cœur n’ait pour toi que de l'amitié quand je t'avouerais son état des années auparavant.

 

Quelques mois après la proclamation de nos résultats du baccalauréat, j'étais admise à l’université, située à trois heures de ma ville natale. J'y découvrais un nouveau monde, un nouvel horizon, mais cela était sans cette intuition permanente de t'y croiser. Mon esprit ne me mentit point. Déjà, le second jour passé dans cette école, je t'aperçus, entouré d'amis et bavardant avec entrain. Je suis heureuse de te dire que mon cœur ne fit pas un seul bond. Il resta tout aussi serein que l'eau calme de la piscine à quelques mètres de nous. Nous nous saluâmes, avec certes un peu d'étonnement, mais rien de plus ; cela faisait seulement trois ans que nous ne nous étions pas vus, n'est-ce pas. J'avais continué ma route et je m'étais sentie si libérée de te voir. Maintenant, ton nouvel état était enregistré dans les limbes de mon esprit, tu avais changé, évolué, et moi aussi, alors nous n'étions plus rattachés. J'étais à présent sûre et certaine de ne plus rien ressentir d'amoureux pour toi. Plus tard, dans les locaux de l’université, nous nous croisions, échangions des salutations, tu pris même mon numéro de téléphone. Alors que je comptais te prendre pour un ami, tu avais jeté cette considération à la poubelle en me négligeant alors que j'avais besoin de ton aide sur un point certes minime mais qui traîne encore des conséquences. En conclusion, tu m'as vraiment énervée. Et je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve sinon... Rien.

 

Ma relation avec Yedo est devenue compliquée parce que j'en avais marre de lutter pour garder les morceaux intacts. Sommes-nous toujours ensemble ? Notre couple tient-il ? Je l'ignore, mais je pense que non. Pour l'instant, je suis retombée amoureuse.

 

Chana








NB : Ce texte est fictif ☺

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