Ce n'est qu'un animal, après tout


 Bonne lecture !


La chienne s’était couchée à quelques mètres de ma chaise, alors que nous mangions des brochettes de viande sous un arbre. Il faisait bon et frais, et elle, le regard suppliant, nous observait. Je surpris le regard du pauvre animal affamé et je convenus, avec ma sœur, de lui garder des morceaux ainsi que quelques os. Lorsque nous eûmes fini, nous allâmes déposer les restes sur une brique un peu éloignée de nous. Je précise que nous étions dans un petit village, plus précisément un restaurant à ciel ouvert, et des chiens se baladaient là, avec des poulets, des oiseaux ou des chats. La terre s’étendait sous nos pieds et des fourmis noires faisaient leur chemin. Pour en revenir à la chienne, elle chercha la source de nourriture pendant quelques secondes et avala gloutonnement toute cette viande. Je fus surprise de sa rapidité. Elle ne lésinait pas sur cela, et pour une raison claire et précise ; la faim. Ses côtes visibles pouvaient être comptées, tant elles étaient saillantes. Ses muscles s’étaient raidis et leur volume avait diminué. Ses mouvements n’étaient pas aussi vifs qu’ils devaient être. Bientôt, je remarquai, en la voyant lécher les traces de nourriture, qu’elle avait une plaie infectée sur l’oreille. Cette dernière était comme coupée. J’eus mal de la voir en si mauvais état, de constater sa souffrance indicible, intérieure et solitaire. En l’espace de seulement quelques secondes, j’ai été scotchée à son regard vif qui avait rencontré le mien, et des scènes ignobles me passèrent sous les yeux. D’abord, la même chienne violemment battue par un homme, puis abandonnée, malade, sous la pluie. Ensuite, cette chienne qui défendait un jeune homme face à une armée de brigands ; la lame de l’un d’entre eux trancha son oreille, tandis que son protégé s’enfuit. Puis, elle fut chassée hors de la maison à cause de ses nombreuses plaies suintantes, et son ventre avait grossi. Dans une autre vision, elle se fit cogner par une voiture roulant à toute vitesse et resta couchée dans du sang, presqu’à l’agonie. Dans la dernière vision, j’aperçus un animal meurtri, errant dans un village où personne ne veut d’elle.

Ce n’était qu’un animal et tout ce qu’elle avait vécu n’était pas important, selon eux.

Ce n’était qu’un animal, pas un être humain, et sa vie n’était pas aussi précieuse.

Ce n’était qu’un animal et il ne pourrait jamais se plaindre ou réclamer justice.

Ce n’était qu’un animal et c’était normal qu’il souffre.

Nous évaluons l’existence de ces bêtes à celles de choses non nécessaires, à celles de sous-créatures. Etant humains, nous pensons dominer la nature et lui montrons cela en la détruisant de jour en jour. Humains, nous pouvons tuer, maltraiter, frapper de pauvres animaux sans défense, sous l’argument qu’ils ne sont pas aussi évolués que nous et, on se moque de ceux qui leur accordent une véritable importance.

Toute vie mérite, selon moi, un minimum de respect. Mais on essaye de cacher le mal déjà fait, car après tout, ce n’est qu’un animal.



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