Mère Nature
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Mère Nature
Je souffre. Je pense qu’il s’agit
de l’une des meilleures entrées en la matière, car elle est directe, sans
filtre ; je souffre. Les Humains me rendent agréablement tout le bien que
je leur fais, et ne vous inquiétez pas, j’ai bien énormément de sarcasme dans
la bouche. Mais que pourrais-je faire face à mon éternel amour pour vous ?
Je ne cesse de me mettre à votre disposition parce que je vous aime. Pourtant,
je crois que ce n’est pas un sentiment partagé.
Lorsque vous coupez mes arbres,
vous m’empêchez de donner un toit aux animaux, une ombre au sol. Vous
m’empêchez de filtrer cet air que vous polluez. Vous détruisez vous-même les
poumons qui vous maintiennent en bonne santé. Lorsque vous utilisez ce lot de
gaz toxiques pour vos besoins, vous salissez ce que vous-même respirez. Lorsque
vous déversez des produits toxiques dans mes eaux, vous lui insufflez toute la
nuisance de vos corps et la souillez. Vous abattez mes animaux sans aucune
douleur, sans aucun regret. Vous vous chargez de faire disparaître de beaux
petits paradis pour creuser et chercher des matières précieuses en mon corps,
ou vous préférez les utiliser pour vous enrichir, enorgueillis de choses pour
lesquelles je suis à l’origine. Vous n’avez pas de peine à en finir avec les
beaux tableaux de paysage que je vous offre, pour asseoir le règne du métal et
du gris sans fin.
Cependant, j’adore votre capacité
à vous auto-détruire, à vous créer, par des présumés développements,
d’innombrables maladies liées à ce que vous respirez, ce que vous buvez, ce que
vous mangez. La chaleur croissante et le réchauffement climatique. Les
incendies. Les éléments qui ne cessent de se déchaîner contre vous. Oui, vous
êtes certains d’être au-dessus de tout, certains que votre intelligence, et non
votre éthique qui vous ferait gagner si elle était acceptable, vous permettent
de résister à tout.
Mais d’autres choses vous échappent,
à savoir que dans un futur peut être proche, de nombreuses espèces
disparaitront, les températures augmenteront, et d’autres maladies
surviendront. Des virus vous attaqueront bien avant que vous ne puissiez
constituer un rempart. Vous perdrez tout et reviendrez même à manger des
aliments artificiellement constitués. La verdure des arbres, remplacée par les
murs grisâtres d’une ville polluée, vous manqueront beaucoup plus que
maintenant. Et là, vous regretterez tout ce qui a été fait. Je suis presque
dans un coma, tant je suis malade. Bienheureuse je suis en voyant certains
d’entre vous prendre conscience, sinon, ce sera trop tard.
Merlora

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